le 9-07-2011 à 09h00 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN | ACTUALITE | RDC | Mis à jour le SAMEDI I 9- 07-2011 | 09h20| AFRIQUE REDACTION PAR: CONGO NEWS
La 37ème session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie se poursuit au palais des congrès à Kinshasa après le lancement des travaux le mercredi 6 juillet
dernier. Les parlementaires de l'espace francophone jette un regard critique l'évolution du triptyque «paix, démocratie, élections ». Dans son discours d'ouverture (lire ci-dessous), le
secrétaire général de l'organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, a appelé les Congolais au respect des règles du jeu démocratique en vue de favoriser la stabilité, la paix et
les conditions propices à un développement durable.
Voici l'intégralité du discours du SG Abdou Diouf
Nous voici réunis, ici, à Kinshasa pour la 37ème session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Un rendez-vous traditionnel, un rendez-vous, pour moi,
incontournable parce que je suis convaincu de tout ce que votre assemblée apporte à la Francophonie, tant sur un plan conceptuel qu'opérationnel. C'est toute l'originalité mais aussi la force de
notre organisation que de pouvoir compter sur vous dans l'affirmation de ses valeurs et la réalisation de ses missions.
Nous voici réunis, ici, à Kinshasa, dans ce pays, si riche en talents et en ressources, dans ce grand pays que tout prédispose à jouer un rôle majeur dans la
Francophonie, en Afrique et dans le monde, et qui nous accueille aujourd'hui en toute fraternité.Je veux, Monsieur le Président de la République, vous en remercier très chaleureusement et vous
dire combien nous sommes sensibles à votre présence, parmi nous, ce matin.
Je tiens également à assurer notre hôte, le Président de l'Assemblée nationale, Evariste Boshab, de toute notre' gratitude. Je voudrais enfin saluer le nouveau
Président de l'APF, Jacques Chagnon, et redire toute mon amitié au Secrétaire général parlementaire, Jacques Legendre.
Nous voici, réunis, dans ce pays qui abritera, en 2012, le 14ème Sommet de la Francophonie, offrant ainsi la possibilité légitime à l'Afrique centrale d'accueillir
sa première conférence des chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage.
La Francophonie le devait au continent africain, elle le devait surtout aux Congolaises et aux Congolais qui ont, ces dernières années, tant souffert.
Elle le devait .à ces millions de victimes, à ces milliers de personnes déplacées, à toutes les femmes meurtries dans leur dignité et dans leur chair, à cette
jeunesse qui n'a connu que le bruit des armes, la mort et la désolation. Elle le devait à ce peuple courageux qui reprend, avec fierté, espoir et ambition sous votre conduite déterminée, Monsieur
le Président de la République, le difficile chemin de la reconstruction, de la stabilité et de la paix. Nous sommes ici, en toute conscience, fidèles aux valeurs universelles que nous
revendiquons et aux principes et engagements souscrits dans les Déclarations de Bamako et de Saint-Boni face.
Mais nous sommes ici, également, avec la conviction que, face aux graves difficultés qui persistent sur ce vaste territoire, objet de tant de convoitises, la
dénonciation et l'indignation, si légitimes soient-elles, ne suffiront pas à soustraire les victimes à leur souffrance, et que les discours non suivis d'actes sont d'un dérisoire réconfort pour
toutes celles et tous ceux qui, au quotidien, sont engages dans la défense de la démocratie, des droits, des libertés et de la paix. Et je veux vous réitérer, ici, Monsieur le Président, toute la
disponibilité de la Francophonie à accompagner, concrètement et utilement, votre pays dans cette période décisive pour son avenir.
Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Votre Assemblée a choisi, cette année encore, d'ouvrir un débat exigeant sur une thématique qui vous concerne au plus haut
point en qualité de représentants élus du peuple, et qui interpelle directement notre Organisation engagée dans l'accompagnement des 'processus électoraux, depuis plus de vingt ans, et de façon
plus structurée encore depuis l'adoption, en 2000, de la Déclaration de Bamako.
II est clair que le triptyque «Paix, démocratie, élections » ne va plus toujours de soi dans les faits. II est clair que les élections, considérées comme un gage
majeur de démocratie, tendent à être perçues, au fil des années et des manipulations, par certains, des mécanismes qui les encadrent, comme un vecteur de délitement démocratique, pour ne pas dire
comme le facteur déclenchant de crises ou de conflits nourris de contestations électorales ou postélectorales.
Nous avons tous en tête la crise ivoirienne, mais j'ai envie de dire aussitôt. Saluons comme elles le méritent les élections exemplaires de sortie de crise, tenues
au Niger et en Guinée.
II n'en demeure pas moins que l'on voit se multiplier les critiques et se répandre la tentation dangereuse de remettre en cause la légitimité, voire le principe
même du processus électoral. Les années 2011 et 2012, particulièrement riches en consultations électorales, constitueront à cet égard, pour l'espace francophone, un moment décisif au regard des
acquis enregistres depuis les années 1990. Ce moment doit être, pour chacun des pays concernés, mais aussi pour nous Francophonie, pour vous Assemblée parlementaire, et pour l'ensemble de la
communauté internationale, l'occasion d'approfondir ou de réajuster certaines pratiques en matière d'accompagnement et d'observation électorale, mais surtout de réaffirmer avec fermeté certains
principes et engagements. Nous nous interrogeons, à l'instar d'autres organisations et en coopération avec elles, sur nos pratiques, afin que l'expertise et l'appui fournis répondent toujours
mieux aux attentes et aux besoins de nos Etats membres, avec la volonté, dans le même temps, d'inscrire les processus électoraux dans le contexte plus large de la prévention des conflits et du
renforcement durable de ta gouvernance démocratique.
Patrick G.Bomboka