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Un avion pour Mazembe : un geste qui interpelle

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Créé le 21 -09-2011 à 10 h00 | AFRIQUE REDACTION | REDACTEUR EN CHEF : ROGER BONGOS | SITE PANAFRICAIN |  ACTUALITE NATIONALE, AFRICAINE ET INTERNATIONALE | Mis à jour le  mercredi 21 -09-2011 à  13h05 | AFRIQUE REDACTION PAR : LE POTENTIEL

Q’une équipe de football se tape un avion pour ses déplacements, ce serait un fait divers qui ne soulèverait pas de foules. Mais que le geste soit posé en République démocratique du Congo, un pays aux immenses ressources et talents sportifs, mais qui occupe une place peu honorable dans le palmarès de meilleures équipes de football dans le monde, selon le classement FIFA, et qu’en plus qu’il s’agisse d’une première en Afrique, le geste change tout. Il interpelle toutes les consciences sereines.

Le TP Mazembe, équipe de football de la ligue d’honneur de la République démocratique du Congo, vice-champion du monde, vient d’acquérir un aéronef. Grâce aux efforts de son staff dirigeant, et plus particulièrement de son président, Moïse Katumbi Chapwe, ce fait insolite a été réalisé. Des efforts qui ont été accompagnés par les responsables de la Banque commerciale et de développement du Congo, BCDC, qui ont soutenu financièrement cette initiative très encourageante.

Une première en République démocratique du Congo et en Afrique. Un fait sans précédent quand on sait que le football en Afrique, même s’il commence à nourrir son homme, navigue toujours à vue. Le football africain accuse encore un retard considérable par rapport au football européen et sud-américain. Et pourtant, dans les stades européens, ce sont les footballeurs africains qui font la pluie et le beau temps. De véritables talents à revendre au point que les recruteurs ne résistent plus à leurs charmes. Même les pays arabes avec leurs pétro-dollars n’hésitent plus à traverser mers et océans pour débarquer en Afrique et s’approprier ces « pépites d’or », ces orfèvres qui soulèvent des foules dans des stades.

Le football africain est de plus en plus exportable. Mais qu’est-ce que l’Afrique gagne en retour ? Certes, en finale des Coupes du monde de football, son quota est revu à la hausse. Bien plus, l’Afrique du Sud, un pays africain, a réussi à organiser avec brio en 2010 une finale de la Coupe du monde de football, donnant ainsi un autre visage de l’Afrique. Ce n’est pas assez.

UN SECTEUR PRODUCTEUR

Un avion pour Mazembe demeure une première qui dépasse les frontières sportives. Une première qui pose la problématique de ce concept : organisation. Un concept mal utilisé et un mal dont souffre le football congolais et africain, au-delà, tous les secteurs de la vie nationale.

Réduit à la dimension de «loisir», le football, mieux, le sport reste incontestablement un secteur vital de la vie nationale en plus de ce fait qu’il est multisectoriel : un fait social, économique, diplomatique, culturel… Il s’agit donc d’un secteur producteur à même de générer des ressources indispensables à tout pays pour son développement.

Pour demeurer plus près de nous, l’Afrique du Sud est aujourd’hui mieux connu dans le monde à cause de son football ainsi que de l’organisation qui a entouré cette manifestation sportive. Après la finale de 2010, des investisseurs se bousculent au portillon. Ils explorent d’autres domaines où l’Afrique du Sud offre plusieurs opportunités d’investissements. Le tourisme a pris ainsi de l’ampleur tant l’Afrique du Sud dispose des lieux historiques, des plages attrayantes et attirantes, une faune et une flore exubérantes dont raffolent les puristes de la nature. En retour, le pays y gagne par des rentrées de devises qui renforcent et sécurisent les réserves nationales. Par conséquent, le pays peut se permettre de donner un nouveau souffle à la production interne. Il dispose désormais des « fonds souverains » qui font que par ces temps qui courent, l’Afrique du Sud fait partie des pays émergents. Le football en particulier, le sport en général, demeure donc un secteur producteur à ne point négliger.

DES REFORMES COURAGEUSES

Mais pour donner une impulsion génératrice de progrès et de recettes, le chemin passe par la mise en place d’une « organisation véritable » et qui s’appuie sur le management. En des termes plus précis, les réformes doivent être courageuses, mieux réfléchies et qui touchent toutes les couches productrices.

S’il faut demeurer dans ce secteur du football et du sport, la restructuration des fédérations devient une urgence, une nécessité. Une restructuration qui mettrait un accent particulier sur le « Statut du football » congolais. Une façon d’évaluer des voies et moyens susceptibles d’embrasser le professionnalisme. Que les équipes de football, en tant que sport-roi, soient dirigées à l’image des entreprises, s’engageant ainsi sur la voie du progrès.

Une restructuration qui permettrait aux footballeurs déjà professionnels d’être redevables vis-à-vis du Trésor public en rapatriant une partie de leurs revenus sous forme d’impôts. Une façon de neutraliser ces différents réseaux négatifs de transferts des joueurs vers d’autres cieux et qui n’enrichissent que leurs auteurs.

Des réformes qui auront pour conséquence positive l’élaboration d’une « politique sportive » avec ses corollaires. Notamment la construction et l’amélioration des infrastructures sportives, l’introduction de la pratique obligatoire du sport dans l’armée, la police, les écoles, les instituts supérieurs et universités avec au bout du tunnel l’organisation des championnats intersectoriels visant l’éclosion des valeurs sportives encore inconnues.

VISION ECONOMIQUE, VISION POLITIQUE

Il ne s’agit point d’inventer la roue. Il suffit tout simplement de se doter d’une vision globale de la gestion d’un pays. Pas une vision étriquée pour s’embrouiller par la suite et se contenter des résultats immédiats qui ne sont qu’illusion. L’organisation correcte que l’on appelle de tous les vœux est tributaire d’une bonne vision économique pour mieux sous-tendre toute vision politique qui mettrait en œuvre des réformes courageuses.

Voilà pourquoi le fait que Mazembe se dote d’un avion interpelle les consciences sereines. Une meilleure interprétation de cette première en RDC et en Afrique ouvrirait la porte à d’autres opportunités porteuses d’espoir.


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